Ce que j’aime dans ce métier, c’est le fait de rencontrer des personnes sans les connaitre, le côté soudain. C’est de constater quelque chose qui gêne, qui dérange, qui me donne envie d’apporter une solution

Apporter une solution permet de renforcer la confiance en soi, écouter, s’affirmer. Par exemple, une personne a pleuré lors d’une formation car elle n’avait jamais réussi à réaliser une action car elle se bloquait. Je suis allé jusqu’au bout pour l’aider à prendre confiance, pour avoir du recul, être plus serein pour faire face aux demandes.

D’autre part, transmettre des outils permet de progresser, de rebooster une personne dans sa confiance et sa capacité à faire face à la situation et lui proposer des outils pour entretenir cette confiance.

J’aime entretenir le côté paradoxal particulièrement dans ce domaine. Vulgariser le sujet est une clé énorme pour entretenir la confiance. C’est le chemin sur la colline. J’avais vu la colline mais je ne savais pas où aller, je n’avais pas vu le chemin. Sur un sujet qui parait ardu, j’aime proposer des situations simples.

Dans les 5 premières minutes, j’aime utiliser des contrepieds pour faire peur et créer un effet de surprise pour mettre dans les bonnes conditions, pour permettre de se dire que ce ne sera pas comme d’autres fois.

C’est un premier point qui permet de poser la relation de confiance grâce au côté décalé. J’utilise également un aspect très carré, très clair. C’est une méthode du chaud/froid.

J’aime proposer un maximum de mises en situation et travailler sur des situations très précises : replacer la personne en situation de stress pour déconstruire. L’analyse des besoins en amont est poussée à l’extrême, c’est de l’adaptabilité constante pour accompagner. Si j’ai prévu une chose qui ne me semble pas adaptée, je sais changer de direction. 

J’aime changer les formes de mes accompagnements : en marchant, en extérieur, en écrivant par terre, en digital, format très court, travailler pendant le déjeuner, pendant un pic-nic. Ça fait partie des manières d’accompagner avec surprise.

Enfoncer le clou fait partie de mes pratiques. Montrer où je suis arrivé en mettant en valeur mon point de départ. L’accompagnement passe pour une preuve : je suis parti de là, je suis arrivé là. Tu penses arrêter la machine mais ça tourne de plus en plus mal. Même si au final, on s’aperçoit des progrès menés. La confiance est en eux.

Je pense à un exemple avec un groupe dans la grande distribution, que j’ai mis dans une situation plus que difficile dans leur cœur de métier.

Au début de la séance, j’ai posé plein de questions. Certains ont été désorientés comme quand on s’installe dans un manège qui fait peur et au moment où la ceinture se ferme, on se dit qu’on aimerait mieux partir. C’était le cas pour la moitié du groupe.  J’ai vu les regards flagrants d’une personne qui observait son voisin répondre aux questions les plus complexes posés par moi et se liquéfier. Je crois qu’il s’est dit que je ne l’accompagnerais pas jusqu’au niveau de son voisin. Alors que nous y sommes parvenus, en étant tous ensemble et en étant ambitieux.

C’est une forme de dépassement de soi.

Il faut permettre à la personne accompagnée d’avoir un retour, un appel à l’aide en cas de besoin. Ça peut prendre différentes formes. Il y aura une phase de doute qui sera nécessaire à exprimer. Le temps de l’accompagnement, c’est le droit à l’expression de là où on en est. Capter les signes qui permettent de voir au-delà de la façade permet d’avoir l’occasion d’exprimer ses doutes.

Comme un bouton qui indique « je suis perdu » et j’ai envie de trouver mon chemin.

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