Déléguer avec confiance grâce au PISE et au Délégation Poker
Et si la délégation devenait un acte de confiance… et non un saut dans le vide ?
Combien de fois avons-nous entendu (ou prononcé) ces phrases familières :
« J’ai tout expliqué, mais ça n’a pas été fait comme prévu. »
« J’ai du mal à lâcher, je préfère faire moi-même. »
« Je croyais qu’on s’était compris, mais visiblement non. »
« Si je délègue, je perds la main. Si je garde, je m’épuise. »
Ces petites phrases en disent long. Elles traduisent une tension bien réelle autour de la délégation. Un paradoxe quotidien dans nos organisations : comment confier sans se sentir dépossédé·e, comment lâcher sans perdre pied ?
Quand déléguer devient source de tension
Sans cadre explicite, la délégation ressemble à un jeu d’équilibriste :
- Trop de contrôle : surcharge et démotivation.
- Trop de lâcher-prise : flou, erreurs, et incompréhensions.
Résultat : frustration des deux côtés, désengagement, voire perte de confiance. Mais derrière ces symptômes se cachent des besoins essentiels :
- Clarté : Qui fait quoi, comment, avec quelles attentes ?
- Confiance mutuelle : Sentiment d’être soutenu·e, pas évalué·e.
- Autonomie progressive : Délégation comme un chemin, pas un saut.
- Reconnaissance et écoute : Être acteur·rice de ses missions.
Et si on co-construisait la délégation ?
Et si déléguer devenait un processus à deux voix ? Un espace où chacun comprend son périmètre, ses marges de manœuvre, les soutiens disponibles ?
C’est là qu’entrent en jeu deux outils puissants, simples et profondément humains : le PISE et le Délégation Poker.
Premier outil le PISE : une grille pour ajuster l’autonomie
Le PISE permet de clarifier où en est une personne par rapport à une mission, à travers 4 dimensions :
- Possibilité : A-t-elle les moyens (temps, ressources, appuis) ?
- Intérêt : Ce sujet l’anime-t-il ? Voit-elle la valeur ajoutée pour ‘équipe, pour l’entreprise et pour elle-même?
- Savoir : Est-elle compétente, formée ?
- Envie : A-t-elle envie de s’y investir ? Est-elle motivée ?
👉 Conseil pratique : Faites ce diagnostic ensemble, en toute transparence. Ce n’est pas un test, c’est un outil de dialogue.
Le PISE permet d’ajuster, d’identifier les freins, les leviers… et de sortir des suppositions pour entrer dans la co-responsabilité.
Deuxième outil la Délégation Poker : choisir ensemble le bon niveau
Le Délégation Poker propose 7 niveaux de délégation, du plus directif au plus autonome. Il permet de clarifier les attentes… et d’éviter les malentendus.
- Le manager décide seul et informe ensuite le collaborateur.
- Le manager explique sa décision avant de la mettre en œuvre.
- Le manager consulte l’avis du collaborateur avant de décider.
- La décision est partagée entre le manager et le collaborateur.
- Le collaborateur décide, mais le manager suit de près.
- Le collaborateur décide seul et informe ensuite le manager.
- Le collaborateur décide seul sans rendre compte au manager.
👉 Conseil pratique : Utilisez-le en collectif. C’est un excellent moyen de libérer la parole sur les responsabilités, et de dédramatiser la délégation.
PISE pour comprendre. Poker pour choisir.
Ensemble, ces deux outils créent un cadre clair, co-construit, évolutif.
On n’est plus dans la délégation subie, mais dans la responsabilisation progressive. Et ce cadre devient un levier : de motivation, de confiance, de montée en compétence.
Déléguer, c’est faire grandir. Ce n’est pas « s’en débarrasser », c’est investir dans la relation, dans la croissance mutuelle, dans la fluidité collective. C’est transformer une tâche en opportunité, un flou en confiance.
Alors… et si votre prochaine délégation devenait un acte de croissance partagée ?
FAQ
- Faut-il faire un PISE pour chaque mission ?
Non. Utilisez-le surtout lorsqu’il y a du flou, des tensions, ou un enjeu d’autonomisation. - Et si le collaborateur n’est pas d’accord avec mon évaluation ?
Parfait ! Le désaccord est une porte d’entrée vers un vrai dialogue. - Le Délégation Poker convient-il à tous ?
Oui. Il est simple, ludique, adaptable à tous les niveaux de responsabilité. - Est-ce que c’est chronophage ?
Pas du tout. Une discussion de 15 minutes bien cadrée peut fluidifier tout un projet. - Peut-on utiliser ces outils ailleurs qu’en management ?
Absolument. Projets transverses, partenariats, bénévolat… partout où la coopération compte.



